16.01.12

L'Argent

Dé-sacralisons !
  •  Au début, Les Midgets cherchèrent une valeur sure comme contreparties à leurs transactions, et prirent le pâton de pâtes comme valeur d'échange. Mais les Midgets dévots, qui faisaient plus de repas consacrés et s'appauvrissaient en mangeant leur Pasta en herbe, firent valoir que ce n'était pas favorable à une dévotion digne de ce Nom.
  • On remplaça donc la monnaie en espèce sonnante et trébuchante.
  • Le Monstre décréta : Une pièce pour une heure de travail. Le travail fut donc la première base de la valeur de l'argent.
  • Se posèrent alors quelques "menus" problèmes :
     
  •  1/ L'argent étant le symbole du travail des matières premières, que valait cette matière première avant qu'on ne la travaille ? Au début rien car la matière première appartenait à la communauté sans distinction.
  • Mais les Midgets se disputaient pour cultiver les parcelles d'arbres à Spaghetti qui rendaient plus à l'hectare. Un jour Caïn eut l'idée de proposer un menu de pâtes (à base de farine de lentilles) à son voisin de frère pour lui laisser la priorité sur le bon terrain.
  • Et l'habitude se perpétra de régler les affaires de terrain et matières premières autour d'une plâtrée de Pastas. Mais avec le temps, les Midgits faisant de meilleures sauces que les Midgets, ils s'approprièrent les meilleures "Terre à Spaghetti". Il fut donc convenu que ce serait le prix de la confection d'un repas en argent qui serait usité pour les passent-droit sur les terres, et seraient ainsi monnayés avec l'étalon monnaie-travail, bien que le rapport ne fut évident de prime abord(age).
  •  2/ Une pièce pour une heure de travail, c'était bien. Mais voila, les Midgits, étant plus raffinés que les Midgets, trouvèrent moyen de produire deux fois plus de choses que ces derniers dans la même heure, ou des choses plus fignolées. Leurs productions, qui revenaient donc deux fois moins chères ou étaient mieux ciselées, inondèrent le marché. Il fut donc décrété qu'il y aurait une monnaie pour chaque peuple, avec un taux de change variable pour réguler des échanges équitables. Mais les Midgits avaient forcément plus d'atouts que leurs voisins : leurs menus de Spaghetti étant toujours plus savoureux.
  • Aussi, lorsque les Pirates et Bûcherons arrivèrent sur terre, ils firent valoir que leur métier occasionnait plus de fraix médicaux et nécessitait une retraite anticipée eu égard à la pénibilité de leur travail, qu'en conséquence leur heure de travail soit mieux rémunérée en raison de ces sur-coûts. 
  •  3/ Aussi la dextérité des midgitiques poilus posa problème : Leur savoir faire étaient tellement raffinés  qu'ils avaient du mal à fournir la demande : Aussi Caïn refit-il le coup du plat de pâtes (à base de lentilles toujours) à son frère pour que celui-ci lui réserve en priorité sa production si rarement raffinée. "Tes plats sont trop bon, tu me tues" répondit son frère Abel. Et advint la même dérive de monétisation des repas pour tous in fine.
  • Et finalement tout ce qui était rare devint de plus en plus cher, dévoyant encore la valeur de la monnaie-travail.
     
  •  4/ Ca se compliqua avec les pirates qui inventèrent les jeux d'argent à bord des bateaux pour tromper leur ennui entre deux abordages. Ils pariaient sur n'importe quoi : La taille de la récolte des Midgets / Midgits, les plats qui sortiraient les plus savoureux de leurs cuisines respectives, ceux qui mangeraient le plus vite leur récoltes en repas consacrés.
  • Aussi lorsque les premiers humains sédentaires arrivèrent, ils crurent que cela correspondait à quelque chose de réel, et misèrent en louant leur argent aux gens (sur leurs capacités à leur payer plus de loyer par leurs actions dans leur travail, plus efficace ou raffiné) afin que ces derniers puissent se payer leurs matières premières et moyens de production. Les bas fonds, dans lesquels ils usaient leur fond de pantalons en misant leurs bourses en les louant, s'apellèrent bientôt Bourses, et les prêts l'usure, eu égard à l'usure des pantalons qu'il fallait bien rentabiliser à terme.
  • Ils inventèrent bientôt le jeu de "à qui perd gagne" en contractualisant leurs paris avec leurs "poulains" : Si ces derniers ne leur faisaient pas gagner d'argent dans leurs paris "locatifs", les matières premières et moyens de production achetés avec l'usure appartiendraient au parieur en dédommagement de leur mauvaise fortune au jeu. Avant un pari était un pari qu'on gagnait ou perdait : Perdu c'était perdu, mais désormais on pouvait jouer à qui perd gagne.
  • Avec l'avênement de ces jeux d'argent, tout le monde oublia l'équivalence monnaie-travail déjà devenue assez floue.

C'est ainsi que l'argent pris une valeur quasi mystique : A n'en point douter, c'est le Monstre qui devait présider à la bonne fortune des uns et des autres par toucher Nouillu Spécial dans ces jeux d'argent : Gagner plus c'était probablement être l'élu du Monstre, et de faire bisquer ses malheureux rivaux sur sa prétendue bonne fortune auprès du Monstre. L'argent devint le symbole ésotérique de la toute puissance du Monstre prétendument dédié aux uns plutôt qu'aux autres. L'argent était tout, pouvait tout, gérait tout et devint la mesure de toute chose dans la vie : son unique but et moyen.

Ils érigèrent une statue d'or à son éffigie : Un veau, car " ça le veau bien " psalmodiait-ils devant.

Alors, le Mônstre se réveilla d'une biture carabinée (qui a dit "encore !" Là ?), Et IL dit - "Quel Souk !", et c'était fort bien dit, quoiqu'un peu vaseusement vu son état. Ceci dit Sa Fêtardité Nocturne Invisible a toujours aimé les souks, qui lui rappellent l'état dans lequel IL se trouve durant ses javas, et cela l'amusa follement et se pris à jouer aussi.

  • Ceci dit, les Midgets grommelèrent : Pourquoi étaient-ils toujours les dindons de cette farce mystique tripatouilleuse ? et les Pirates LE soupçonnait de truquer les paris, vu Ses Sacrés gains aux jeux.
  • Alors le Monstre dit : "Il est vrai : Un jeu doit rester un jeu, et ne pas servir de prétexte à rabaisser son voisin. Des règles de savoir vivre s'imposent, même dans les tripots."
     
  • Aussi, édicta-t-il quelques règles :
  1. L'argent ne doit pas être déifié  : Ce n'est qu'un moyen d'échanges qui doit rester équitable... Donc :
  2. Tout surplu de la vente d'un objet, sur le prix du travail fourni pour l'obtenir, par la rareté ou la préciosité de sa production, fera l'objet d'une taxe de 50% visant à développer le savoir faire de sa production dans des écoles, et par le développement de moyens de production idoines, afin qu'il devienne moins rare et donc moins cher.
  3. Les moyens de productions, et matières premières échoueront aux plus capables d'en tirer usage. Un concours y pourvoira tous les 4 ans pour ce faire, voir plus souvent en cas de projet intéressant pour la collectivité. Les candidats pourraient s'entrainer avec les moyens de productions dévolus aux écoles alimentées avec les taxes.
  4. Le loyer de l'usure serait le même pour tous** (sauf *) et soumis également à une taxe destinée à compenser les mauvais paris, mais les parieurs ne pourraient récupérer matières premières et moyens de production... Qui seraient redistribués par concours donc. Les locataires défaillants de l'argent de l'usure se verraient financés, par ces taxes, des apprentissages de reconversion professionnelle. * et des tarifs de prêts préférentiels seraient accordés par ce fond aux nécessiteux pour création d'entreprises (micro-crédits).

** En fait Sa Joueuse Fétardité ne put faire appliquer ce précepte équitable : Les joueurs trouvaient normal qu'un pari risqué leur rapporte plus qu'un pari assez évident. Bon, pour le Monstre c'était autre chose puisqu'IL pouvait donner aux paris les résultats qui l'agréaient ; D'ailleurs IL se fichait de l'argent... ce qui L'amusait c'était les rognes des parieurs injustement malchanceux. De fait, le taux unique de l'usure favorisaient les plus supposés-capables au détriment des supposés moins capables payant plus cher l'usure ; Ceci du fait d'un risque supposé plus grand de ne pas rentrer dans ses sous (mais le fond de garanties était sensé palier ce risque).

Aussi, les parieurs avaient trop tendance à parier pour l'argent (un reste de sa déification passée), et non pour le risque de parier sur le bonheur de l'emprunteur à s'en sortir.

D'où la taxe pour le fond des micro-crédits destinés à ne pas tant miser sur des coup juteux financièrement, mais à miser sur des petits plus sociaux, mais qui mis bout à bout évitaient à la communauté d'aller à vau l'eau (et aussi à veau d'or), et rendaient ainsi la communauté plus juste et moins cruelle.

Mais les parieurs conçurent le pari de faire passer Ses Divines Règles ainsi édictées sur le compte du dernier délirium trémens du Monstre, le gagnèrent, et elles ne furent pas appliquées.

  • Le Monstre dit alors : "Vous faîtes comme ces pêcheurs de pirate fishes qui épuisent le bien commun en cherchant le profit à court terme, hips, mais JE vous le dis MOI, hips, tout ce qui est ainsi pêché par votre manque de jugement, en dernier ressort causera votre perte et vous précipitera dans de Grands Tourments à la fin des fins, hips. JE vous le dis encore : Point trop ne faut en faire".
  • Peu alors le prirent au sérieux (on ne sait pourquoi), et les rares saoulots, ayant le vin mauvais, qui reprirent Ses Paroles délirèrent sur des notions de péchés, de jugement dernier à la fin des temps et de tourments de l'enfer, jusqu'alors inconnues.
  • Un peu dépité, le Monstre tenta de cuver son vin en vain en se répétant "mais qu'ils en fassent à leur tête après tout, que n'irais-Je donc pas repêcher ces pêcheurs impénitents, hips".   

Et ainsi Fut Fait.

Râmen

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Posté par Yves Forban à 19:49 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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